Agir contre les discriminations

« Agir contre les discriminations » : thématique pour l’année 2015-2016

Cette expression commune présente l’intérêt d’affirmer que dans une société marquée par des inégalités d’accès aux droits, agir contre les discriminations peut constituer un rempart contre certaines difficultés sociales et économiques rencontrées par les publics fragiles, et constitue un élément essentiel d’une société visant l’égalité entre ses membres. Cette expression peut aussi recouvrir des projets autour par exemple de la lutte contre les préjugés, de la promotion de l’altérité et agir ainsi en amont des discriminations.

« Sors ta plume contre les discriminations ! », projet réalisé par Faustine Nicolas, Romane Cottineau, Helena Abiola et Laurine Jabbar.

Le thème de cette année était « Agir contre les discriminations ». Pour nous, cela signifie autant agir en direction du public potentiellement discriminant que du public potentiellement discriminé. C’est réalisé de la prévention auprès d’un public afin d’apporter les connaissances sur un thème et de construire ensemble ces connaissances. Nous trouvons pertinent le fait de pouvoir entendre et comprendre les opinions, les idées et les préjugés des deux publics distincts afin de mieux déterminer la discrimination dont il est question. Nous parlons plus particulièrement dans ce projet des discriminations faites envers les populations migrantes. Dans le cadre de ce projet nous avons créé un partenariat avec l’espace jeunesse de Nanterre.

Sur la concrétisation de ce projet nous avons mis en place des ateliers après des jeunes accueillis à l’espace jeunesse de Nanterre et des personnes migrantes à qui nous avons données des cours de français à l’Université. Nous avons donc organisé des séances avec chacun des publics autour de débats, de brainimage sors ta plumestorming et d’ateliers d’écritures autour des préjugés, stéréotypes et discriminations qui pouvaient exister. De plus, les adolescents et les personnes migrantes ont eu l’occasion de se rencontrer à deux reprises afin d’échanger sur leurs vies, leurs idées, leurs représentations et autour des textes qui ont été écrits. Ce projet a permis aux adolescents d’en apprendre davantage sur l’histoire de l’immigration, sur leurs propres histoires personnelles et donc de questionner leur famille et de « devenir fiers » de leurs origines. Cela leur a permis de rendre compte d’une réalité qui peut être déformée par les médias, ils se sont confrontés à des parcours de vie différents du leur et parfois difficiles à entendre.

Un livre a été créé grâce à la participation et l’investissement des adolescents et des personnes migrantes. Tout au long de ce livre, nous parcourons les récits alternés des jeunes et des étrangers. Les jeunes se sont d’abord présentés puis se sont mis dans la peau d’une personne migrante et enfin ont écrit une petite phrase sur leurs ressentis. Les personnes migrantes ont fait un gros travail pour écrire, travailler et parler en français, autant pour les textes que pour les échanges et les débats. Ce livre est consultable ICI.

 

« Projet Sketchs », projet réalisé par Marine Allannic, Mélanie Michot, Mathilde Nauche, Marine Phavorin

Réaliser un projet, c’est : former un groupe, créer une cohésion entre ses membres, faire des diagnostics, élaborer des actions, passer de la théorie au concret ; ce sont tous ces éléments réunis au sein d’une réflexion et d’une dynamique.
De plus, le fait de monter un projet nous est utile dans le cadre de notre formation et dans la perspective de notre futur métier. En effet, être actrices d’un projet nous amène à prendre en compte les spécificités d’un public et leurs besoins. Nous devons ainsi adapter nos actions en fonction de cela. Nous considérons que cet aspect, essentiel dans un projet, est aussi au cœur du travail éducatif.
Le projet que nous avons conduit tout au long de cette année s’est inscrit sur le territoire de Nanterre, plus précisément au sein du quartier du Chemin de l’Île. Par ailleurs, nous avons travaillé sur le thème « Agir contre les discriminations ». Étape par étape, nous avons réfléchi à nos démarches d’intervention et au public cible. De ce fait, nos réflexions et nos recherches nous ont amenées à construire nos actions auprès de jeunes ayant entre quinze et vingt ans. Avec eux, nous avons créé des sketchs autour des discriminations. Notre but était de leur faire prendre conscience des discriminations : qu’ils peuvent être témoins, discriminés et discriminants. Les premières séances ont porté sur la découverte de la pratique théâtrale et la connaissance du groupe. Au bout de quelques séances, nous avons commencé à créer des sketchs avec les jeunes sans introduire les discriminations. Puis, nous avons fait un débat autour des discriminations pour discuter avec eux de leurs représentations et plus largement sur cette thématique. Enfin, nos séances ont été consacré à la création de sketchs autour de différentes discriminations. Nous avons vu les jeunes évoluer tout au long de ce projet, et ce fut une expérience enrichissante pour chaque membre du groupe.

« Agir contre « l’auto-discrimination » », projet réalisé par Caroline Ehald, Morgane Boileau, Lucille Lemaitre, Alexandra Preiss

« L’organisation d’une sortie ? Au château de Versailles ? Et en quoi cela permet d’agir contre les discriminations…? »

Nous avons créé un partenariat avec l’association NAHDA du quartier du Petit-Nanterre, au contact des personnes issues de l’immigration.

Après plusieurs mois d’échanges réguliers avec les adhérents et participants aux groupes de paroles proposées par NAHDA, nous nous sommes rendues compte qu’il était important de donner aux personnes des outils et stratégies pour lutter contre une certaine forme d’autocensure des adhérents, souvent provoquée par des discriminations vécues depuis leur arrivée en France. Notre objectif était de permettre aux participants d’être acteurs d’un projet qui leur permette de développer la confiance en leurs capacités, et en même temps d’agir contre une forme d’isolement.

Nous avons donc proposé des ateliers « d’organisation d’une sortie » pendant lesquels nous avons cherché ensemble différents moyens pour surmonter cette autocensure : nous avons notamment rédigé ensemble des mails concernant le budget à l’association afin de demander une aide financière, nous avons fait des « appels blancs » pour préparer les appels téléphoniques avec des institutions françaises, puis organiser le trajet pour se rendre au Château de Versailles.

Nous avons finalement tous participé à une sortie – au Château de Versailles – que les participants ont entièrement organisée suite aux différents ateliers que nous avons conduits avec eux.

Quelle sera notre prochaine destination ensemble ?